
Le 4 mars 2026, Anis Djaâd, auteur et réalisateur de talent, ancien résident Meditalents, nous a quittés. C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris cette nouvelle. Afin de lui rendre hommage, nous vous proposons de revenir sur son parcours exceptionnel.
Anis Djaâd est né le 29 avril 1974 dans le quartier de Bab El Oued, à Alger. Il y grandit et y effectue l’ensemble de ses études. En 1996, il commence sa carrière cinématographique en tant qu’assistant réalisateur sur França Ya França de Djamel Beloued. Mais dès 1997, il est contraint de quitter ce milieu à la suite du démantèlement de la société nationale de production cinématographique. Il conserve néanmoins l’espoir d’y revenir un jour. En attendant, Anis Djaâd s’oriente vers le journalisme et devient reporter pour le média Soir d’Algérie.
Son retour au cinéma s’opère en 2006, lorsqu’il signe le scénario du long métrage Au Bout du Tunnel. Il poursuit ensuite son travail de scénariste en écrivant notamment H3O et Les Assoiffés. En parallèle, il continue à travailler dans la presse écrite, notamment pour le quotidien algérien La Tribune, tout en se lançant dans l’écriture romanesque. En 2007, il publie son premier roman, Matin Parisien, aux éditions Manuscrit, salué par la critique. Son second roman, L’odeur du violon, paru en 2009, reçoit un accueil tout aussi favorable.
Anis Djaâd franchit ensuite une nouvelle étape en passant à la réalisation. En 2012, il écrit et réalise son premier court métrage, Le Hublot. Cette œuvre marque une reconnaissance importante et affirme sa place en tant qu’auteur-réalisateur à suivre. Il enchaîne avec plusieurs courts métrages remarqués dans les festivals, dont Passage à niveaux (2014), récompensé par les prix du meilleur réalisateur et de la meilleure interprétation masculine au Festival du court métrage maghrébin d’Oujda. En 2016, il réalise Le Voyage de Keltoum, qui remporte le prix du meilleur court métrage de fiction au Festival Image et Vie de Dakar, ainsi que le prix du meilleur rôle féminin au Festival maghrébin du film d’Oujda.
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Anis Djaâd et Meditalents
La collaboration entre Anis Djaâd et Meditalents débute en 2016, lorsqu’il devient résident du LabMed afin de développer son premier long métrage, La Vie d’Après. Le film voit le jour en 2021 et entame un parcours remarqué en festivals entre 2021 et 2022. Il est notamment récompensé par le Prix de la critique africaine (Prix Paulin Soumanou Vieyra) aux 33es Journées cinématographiques de Carthage en 2022, ainsi que par le Prix du public El Kholkhal d’Or au Festival national de la littérature et du cinéma féminins de Saïda.
En 2021, Anis Djaâd renouvelle sa collaboration avec Meditalents en participant à la dixième édition du LabMed, où il développe son second long métrage, Terre de Vengeance sorti en 2024.
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L’art d’Anis Djaâd
Tout au long de sa carrière, Anis Djaâd s’est affirmé comme un artiste engagé, portant un regard sensible sur la société algérienne contemporaine. Son cinéma social, empreint d’empathie et de sincérité, témoigne d’un lien profond avec l’Algérie, pays dans lequel il a vécu toute sa vie.
Malgré les obstacles et les conditions parfois difficiles de production, il a su préserver une vision singulière et cohérente.
Toute l’équipe de Meditalents garde le souvenir d’un auteur généreux et engagé. Un grand artiste s’en est allé, laissant derrière lui une œuvre forte et encore de nombreuses choses à dire. Nos pensées vont à ses proches ainsi qu’à toutes celles et ceux qui l’ont accompagné au cours de sa carrière.