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La 7ème édition du LabDoc accueille 9 auteurs-réalisateurs du bassin méditerranéen autour de 8 projets documentaires, pour une année d'accompagnement au long cours.
Le programme s'articule autour de deux sessions en présentiel à Marseille — du 13 au 17 avril 2026, puis du 27 septembre au 1er octobre 2026 — ponctuées d'une intersession de suivi à distance. L'édition se clôturera par une journée de restitution et de rencontres professionnelles.
Tout au long du Lab, les résidents sont accompagnés par Shu Aiello, intervenante référente présente à chaque session, rejointe par Giulia Achilli en avril et Emmanuel Gras en automne. L'ensemble est placé sous la direction artistique d'Adriano Valerio.
Nous sommes ravis d'accueillir ces nouveaux résidents et impatients de commencer à travailler à leurs côtés. C'est aussi le plaisir de retrouver des intervenants fidèles, d'en accueillir de nouveaux, et de continuer ensemble ce travail d'accompagnement au cœur de la création.
Le jour de son mariage, à 36 ans, Mouni découvre un blocage intime lié à un ancien rituel de fermeture de la virginité féminine, le tasfih, qu’elle a subi à l’âge de 10 ans en Algérie. Cette révélation bouleverse sa vie sociale et émotionnelle et l’engage dans une quête personnelle de compréhension et de guérison.

Après avoir fui le coup d'État militaire de 2021 au Myanmar, Sein, cinéaste birman, vit en exil à Paris, peignant des maisons le jour et montant des images de manifestations la nuit. Il refuse l'asile, craignant d'y perdre son identité. Son exil est le miroir d'une rupture avec son père, ancien prisonnier politique qui le supplie de se taire. Pourtant, Sein ne peut pas s'arrêter de filmer. The Bamboo Family est un documentaire intime sur l'exil, l'héritage et le lien fragile entre un père et un fils, façonné par la dictature et l'urgence de dire la vérité.

Par un matin d'hiver, en me promenant dans la banlieue nord de Milan, je suis tombée sur un daim qui me fixait depuis derrière un portail en fer. Au fil du temps, j'ai découvert qu'il s'appelait Spillo et qu'il vivait dans une ferme pédagogique entourée de grands immeubles, parmi des oies, des canards, des poules, des poneys, des tortues et de nombreuses espèces d'oiseaux. Cette parcelle de terrain appartient à la famille Turati depuis plus d'un siècle et quatre générations, et recèle une âme inattendue : derrière l'enclos et la ferme se trouve une pompe funèbre, avec en sous-sol un atelier de marbre et une cour ombragée où l'on peut dire un dernier adieu à un proche. The Last Day of Winter est un documentaire qui raconte l'histoire de ce lieu singulier à travers les gestes quotidiens du travail, le deuil saisi par l'œil des caméras de surveillance, et le lien avec les animaux.

Un militaire fasciste italien et un jeune Érythréen se sont aimés en cachette en 1941, dans les colonies de l’Afrique orientale italienne, au mépris de toutes les règles. Leur histoire a été révélée grâce à une lettre bloquée par la policepostale et retrouvée récemment dans les archives. Essayons de les imaginer : deux jeunes hommes faisant l’amour en secret, se débarrassant de leurs uniformes militaires, la poussière du désert collée à la peau, la peur d’être emprisonnés, un désir très fort qui ne peut s’arrêter.

Dans le nord de la Grèce, trois amies, Isme, Fatme et Elif, ont grandi avec la légende de Momtski Kamen, la « Pierre de la Fille », une présence mystérieuse qui veille, dit-on, sur leur village. Attirées par ce mythe immémoriel, elles décident de partir à sa recherche. Au fil du voyage, la pierre devient une quatrième compagne silencieuse qui les amène à interroger leur propre existence et leur place en tant que femmes vivant dans une communauté musulmane pomaque isolée, au cœur d'un pays majoritairement orthodoxe.


Entre deux rives est un récit entre un père et son fils, un voyage entre la France et l'Algérie. Un road-movie à rebours, miroir du départ d'un père pour la France. Un film pour revisiter le passé, interroger les silences, éclairer les zones grises, et tenter de reconstruire une mémoire partagée.

Il faut imaginer un immense tilleul au milieu d’une cour qui mène d’une grande bâtisse au jardin potager. C’est ici, à la ferme que Mylène et Sylvain vivent avec leurs trois enfants, font l’école à la maison et se nourrissent de leurs élevages et cultures produites sans machines, dans un espace-temps en dehors de toute performance, à la recherche d’une vie consistante et libre, aussi terrestre que spirituelle. Il n’y a plus de frontières entre le travail, l’école, la maison, ce qu’on produit et ce qu’on mange. Avec intime conviction, ils font de leur quotidien une matière douce et malléable et se réapproprient chaque jour leurs gestes, quel qu’en soit le prix à payer. Mais que se passe t-il quand le temps social vient heurter le temps de l’utopie?

En 2020, je débute une correspondance avec Cathy Châtelain, incarcérée pour sa participation à unevendetta mafieuse. Surveillante pénitentiaire au moment des faits, elle a participé au commando criminel « Catwoman » depuis la prison de Borgo, en Haute-Corse, où je suis née. Catwoman se construit depuis une correspondance sous surveillance, sans accès aux corps, à la prison ni aux images du procès. Nos lettres deviennent le seul lieu possible d’une rencontre, faite d’attentes, de projections et de malentendus. Nos trajectoires interrogent la fascination pour le grand banditisme et la place qu’une femme peut tenter d’y occuper. Entre Marseille, où je vis, la cour d’Assises d’Aix-en-Provence, où est jugée Cathy, et une Corse autant réelle que mentale, le film explore notre amitié asymétrique et nos besoins respectifs d’appartenance et de reconnaissance.


Shu Aiello est une réalisatrice française et directrice de production d’origine calabraise, basée à Marseille. Elle collabore régulièrement avec 13 Production et développe un travail documentaire centré sur les questions d’identité, de mémoire et d’engagement social, en lien notamment avec l’histoire coloniale et les territoires périphériques. Sa double culture franco-italienne nourrit un regard sensible et politique sur les réalités contemporaines.
Elle a coréalisé avec Catherine Catella Un paese di Calabria (2016), sur l’accueil des réfugiés dans le village de Riace, puis Leoforio (2019), consacré à une coopérative de transport en Grèce. Leur dernier film, Un paese di resistenza (2024), explore les formes actuelles de résistance dans l’Italie rurale. Le film a circulé dans de nombreux festivals : Utopies Réelles, Festival du Film Engagé, Caméra des Champs, Fête de l’Humanité, FifiGros, Festival Jean Rouch, Plateau des Glières – Forum des Résistances, Label Rouge, Zones Portuaires, Festival italien de Villerupt et Montélimar, Biogra (Bologne), Faito (Naples), Droits Humains (Bruxelles), entre autres.

Giulia Achilli est une productrice de cinéma italienne. Après des études à Milan, elle s'installe en Inde où elle produit un long métrage de fiction (Barah Aana, distribué à 140 copies) ainsi qu'un documentaire, Inshallah, Football, mention spéciale du jury à Dubaï et lauréat d'un National Film Award indien.
En 2013, elle rejoint Dugong Films, société de production basée à Rome, dont les films ont été présentés dans les plus grands festivals internationaux : à Berlin (Disco Boy de Giacomo Abbruzzese, Ours d'argent de la meilleure contribution artistique 2023), à Cannes (Samouni Road de Stefano Savona, Œil d'or du meilleur documentaire 2018), à Venise (Casablanca d'Adriano Valerio, Atlantide de Yuri Ancarani, Tony Driver d'Ascanio Petrini, entre autres), à Locarno (Weightless de Sara Fgaier, 2024 ; The Challenge de Yuri Ancarani, Prix spécial du jury 2016) et à Rotterdam. Les films de Dugong ont également circulé dans des institutions telles que la Tate Modern, le MoMA et Art Basel. La société a remporté à trois reprises l'Eurimages Lab Project Award, dédié aux projets innovants explorant de nouvelles formes d'expression.
En 2023, Giulia Achilli est nommée au David di Donatello du meilleur producteur pour Disco Boy. Elle est actuellement en production sur le nouveau long métrage de Davide Manuli, Astrea, et en développement sur le deuxième film de Rä Di Martino (Ya & Niki, lauréat du FidLab) ainsi que sur le prochain long métrage de Giacomo Abbruzzese, Disorder.
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Intervenant
Emmanuel Gras est un réalisateur et chef opérateur dont le travail se distingue par une recherche visuelle puissante au service du réel. Il se fait remarquer avec Bovines, nommé au César du meilleur film documentaire. Son troisième long-métrage, Makala, reçoit le Grand Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes. Par une approche radicalement sensorielle, il propose un cinéma qui se vit comme une expérience physique et esthétique. Plus récemment, il a signé Un Peuple, poursuivant son exploration des mouvements qui traversent la société contemporaine. Il écrit actuellement son premier long-métrage de fiction